LINCOLN VS. HITCHCOCK

"Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir." Encore un biopic qui sort ! Et pas...

09/05 - 29/06 - Le bourgeois gentilhomme

Le bourgeois Jourdain, avec ses rêves de grandeurs, offre bien du spectacle aux personnages qui l’entourent ! Il convoque maîtres d’armes, de danse, de musique et de philosophie pour faire siennes les belles manières des gentilshommes... et tenter de plaire à Madame la Marquise. Mais ce brave homme danse comme une baleine, rime comme un butor, courtise comme un nigaud et fait de la prose sans le savoir. Alors bien sûr, tous, femmes, enfants, valet et gentilshommes se jouent de la naïveté ridicule de Jourdain, pour le plus grand bonheur de sa fille et de son séduisant prétendant. Ah, jeunesse !

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JUSQUE DÉCEMBRE 2013 - SYMPATHY FOR THE DEVIL - VANHAERENTSARTCOLLECTION

"« Sympathy for the Devil » rassemble les œuvres d’artistes contemporains internationaux donnant forme aux idées véhiculées par le morceau éponyme des Rolling Stones sur l’album « Beggars Banquet »: attrait pour la beauté séduisante du mal, fascination pour l’enfer moral et psychologique, célébration de la vie par l’exacerbation des pulsions de mort et du danger, comportements extrêmes et transgressifs, formulations plastiques agressives, ou encore évocations d’une sexualité fortement connotée. Si la majorité des oeuvres provient de la vaste collection de Walter Vanhaerents, quelques pièces ont été empruntées afin de compléter cet ensemble à la fois cohérent et riche en singularités."

Expo permanente - Librarium - Bibliothèque Royale de Belgique

"En 2007, une équipe de scientifiques de la Bibliothèque royale réfléchit au contenu d’une nouvelle exposition permanente autour de l’histoire du livre, de l’écrit et des bibliothèques. Le projet sera baptisé « LIBRARIUM, espace muséal de découverte des cultures du livre et de l’écrit »."

24/04 - 15/05 - Burning - Rideau de Bruxelles

L'herbe à brûler - Prix Renaudot 1978 - raconte l'histoire vraie de son auteur, Conrad Detrez, petit Belge né sur la frontière linguistique qui ne voulait pas devenir boucher et qui rêvait des anges. Jeune adulte, Conrad Detrez s'inscrit au séminaire à Louvain où il rencontre des étudiants d'Amérique latine. Crise : quel sens peut avoir l'engagement religieux devant l'étendue et la violence des inégalités Nord/Sud ? Il s'envole pour le Brésil. Carnaval. Dépucelage sexuel et politique. Guérilla urbaine, emprisonnement, torture. En Belgique c'est le Walen buiten. Il est rapatrié en France en mai 1968... Avec Burning, Frédéric Dussenne emmène une équipe de jeunes interprètes sur les sentiers incandescents de ce grand récit d'initiation. Un spectacle qui, dans une explosion de langues et de cultures, puise à l'énergie populaire et sensuelle du carnaval.

Jukebox



OUI tu utilises encore Clearasil tous les jours
NON tu n'as pas échangé ton walkman contre un ipod
OUI t'as le look coco
NON André Agassi n'a jamais été surclassé

Pour tout cela, on te traite de ringard(e) mais en réalité tu es un(e) esthète. Et nous l'avons compris ! 
Le samedi 28 mai réveille la Blondie qui sommeille en toi, et sois notre Partenaire Particulier pour une soirée d'anthologie ! La formule a fait ses preuves : 2 DJs à votre service pour recevoir vos requests et soigner un mix à la hauteur des vos tubes préférés. Vous êtes mis au défi de les coller !"

Oh my God! what a great idea this jukebox thing! Sérieusement, un DJ qui ne passe que ce qu'on lui demande? Et que des vieux tubes qui plus est? C'est de la bombe!

Loin de moi l'idée d'affirmer que la musique actuelle est de la merde en boite (enfin... si, un peu, quand même) mais il faut avouer qu'en musique comme en littérature, le temps fait une sélection naturelle et qu'il adoucit les critiques (un vrai soupline culturel!). Ainsi, on peut même écouter de grosses daubes, sauter partout, être content et n'en être ni ennuyé, ni gêné! 

Comblés musicalement parlant, il y eut tout de même deux ou trois ombres au tableau: une piste de danse pentue et donc peu pratique; des gens qui prennent parfois un peu trop de place et l'alcool faisant te donnent des coups dans tous les sens (le but n'étant pas de ressortir avec un oeil au beurre noir, c'est à évitet) et, enfin, un DJ plutôt rigide qui refuse de mettre une chanson déjà passée au préalable et ce même si c'était quatre heures avant...

Bref! Hormis ces petits bémols, une soirée pleinement réussie qu'il serait bon de recommencer incessamment... sous peu!  

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PINA 3D


"PINA est un film pour Pina Bausch de Wim Wenders. C'est un film dansé en 3D, porté par l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal et l’art singulier de sa chorégraphe disparue à l’été 2009. Ses images nous convient à un voyage au coeur d'une nouvelle dimension, d’abord sur la scène de ce légendaire Ensemble, puis hors du théâtre, avec les danseurs, dans la ville de Wuppertal et ses environs - cet endroit dont Pina Bausch a fait son port d’attache durant 35 ans et où elle a puisé sa force créatrice."

Incontestablement, c'est beau. De performances en dépassements de soi, les danseurs offrent sensations et émotions sans compter, témoignant de la manière de travailler peu commune de Pina Bausch. Malheureusement pour les non-connaisseurs du Tanztheather Wuppertal, les spectacles exposés et les scènes réadaptées dans le film ne sont ni expliquées ni commentées et laissent le spectateur pantois d'incompréhension, cherchant furieusement la symbolique de chaque scène, l'histoire de chaque personnage, la psychologie des divers protagonistes... En vain. 

Loin d'être un film, PINA n'est pas non plus un documentaire, c'est exclusivement un hommage, un dernier Adieu de la part de tous ceux qui l'ont connue et qui ont travaillé avec elle. L'histoire sous-jacente? Il n'y en a pas. Et c'est peut-être ça qui nous laisse affamés au sortir de la salle. S'autonomiser par la fiction n'aurait pas tué l'hommage, loin de là, et aurait probablement rendu le film bien plus attractif...

Quant à la 3D? Bien que s'étant nettement améliorée, elle est encore loin de la perfection... Si la proximité fictive avec danseurs est agréable, il reste une barrière que le cinéma n'est pas encore près de franchir.

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Les super filles du tram

22 rue Lesbroussart - 1050 Ixelles

Parce qu'arrivé un certain âge on se lasse des Quicks et McDos (faut dire qu'on a plus droit aux Magic Box donc forcément, l'intérêt s'en retrouve grandement amoindri) mais qu'on a pas moins envie d'un hamburger de temps à autre... A choisir, autant en prendre un bon et pourquoi pas original, tant qu'on y est?

Oui. Parce que ces filles ne sont pas super pour rien (et qu'elle viennent du tram et non du jet privé n'empêche pas que leur carte en jette!), leurs hamburgers ne sont pas de simples Giants, Big Mac ou cheeseburgers à la con. Non! Dans leurs hamburgers, il y a du thon,du kefta, du bacon, du poulet,du steak haché mi-cuit façon tartare (ou non),de la roquette, des oeufs, de l'avocat, des champignons, du parmesan, de l'huile de truffe et j'en passe et des meilleurs! Bref, des burgers de luxe quoi!En prime, pour les petits estomacs ou les abhorrateurs des frites et sauces en tout genre (oui, ça existe), il y aussi des salades et des tartines divinement alléchantes et tout aussi originales ainsi qu'un plateau couvert de petits desserts pour les gourmands! Et le prix dans tout ça? Approximativement 12 euros pour un burger, les tartines ou la (grosse) salade... En somme, si ce n'est pas donné, ce n'est clairement pas du vol.

Outre la carte pour le moins affriolante, la décoration (mention spéciale pour les toilettes), naïve et cocasse, donne un air sympathique et familier aux super filles. Malheureusement, le lieu fort exigu et les cuisines ouvertes occasionnent certains problèmes de passage et d'odeur (il est aussi préférable de réserver pour être sûr d'avoir une table). En outre, le cumulonimbus est de temps en temps de la partie. En effet, il arrive qu'il y ait quelques négligences, tant au niveau de la cuisine que du service: attente un peu trop longue, erreur de commande, rupture de stock, cuisson inadéquate, oubli...

Pour remédier à cela, il n'y a qu'un conseil à donner: veiller à avoir une équipe sérieuse, résistante au stress et bien organisée. C'est probablement la clef - et ça le sera toujours - de tous les succès.

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3/06-04/06 - We can be heroes - Place du Jeu de Balle


"Sur la Place du Jeu de Balle, des dizaines de pieds de micro accueillent des « héros » des Marolles désireux de participer à cette performance qui sera précédée d’ateliers préparatoires. Une playlist de neuf chansons pop-rock connues de tous est chantée en play-back par les participants et devient le théâtre d’émotions qui crée du mouvement et des sensations propres à chacun. "

On peut dire ce qu'on veut, ça a le mérite d'être original et même si on ne se sent pas l'audace de monter sur scène, qui nous empêche de participer pleinement en tant que spectateur motivé et assidu?



Le 3 et 4/06/2011 – 18h30 et 20h30 à la  Place du Jeu de Balle.  Accès gratuit mais réservation souhaitée reservation(at)lestanneurs.be - 02/512.17.84

Plus d'infos ici.

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OK Go - Here it goes again

Groupe de rock américain formé en 1998, OK Go est un quatuor pour le moins excentrique. 

Portant des tenues vintage, ils offrent à leur public une performance scénique aussi incroyable qu'extravagante dans des clips vidéos loufoques et originaux et ce à moindre frais. Ici dansant sur des tapis roulants, ils affrontent la réalité sans sourciller, nous regardant dans le blanc des yeux, assumant tout le grotesque de leur danse aux mouvements décomposés. Un message? Quand on pense tout maîtriser, tout fout le camp et plus rien n'a de sens (ou certainement pas plus que quand tu cours sur place avec un paysage merdique comme motivation)? Ou alors pas besoin de sommes folles pour faire un clip que tout le monde regarde sur Youtube? Ou peut-être est-ce aussi arrêtez la danse de salon ou la course en salle et testez la danse sur tapis roulant!
Qu'importe! Outre la fraicheur de leur côté biscornu, la musique elle-même est jeune et entraînante. Encore une fois, il suffit d'un rien pour faire une chanson qui marche! Et n'allez pas croire que médisance il y a dans mes propos: même le rien, surtout le rien, il faut savoir subtilement le doser. Et manipuler le néant n'est assurément pas donné à tout le monde!

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Amélie Nothomb - Attentat


"Epiphane est un homme laid qui ne s'ignore pas, mais qui est beau d'intelligence et de culture. Il tombe sous le charme d'Ethel, beauté pure qui est la première à lui accorder amitié et douceur. Lui, qui méprise les diktats de la beauté établis par notre société, est en quête du sublime qu'il trouve en la personne d'Ethel, sa muse, sa madone."

Il faut l'avouer Amélie Nothomb percute et l'uppercut fait mal. Tordus et tortueux tant du point de vue psychique que physique, les voyages qu'elle offre dans ses livres, voguant à travers l’esprit de ses personnages, suivent de très près leur évolution face à un événement perturbateur notoire et débouchent sempiternellement sur une fin brutale et spectaculaire. 

C’est ce côté psychologique (exacerbé sans être pour autant trop complexe) et la brièveté de ses opus (qui met en exergue l'impact final) qui font de ses produits de vrais petits pains à la portée de tout le monde. Ce côté tranché - et tranchant - et une originalité non négligeable a vite fait de l'envoyer au sommet. Mais... il y a toujours un mais. 

Le souci Nothomb? Elle ne se renouvelle pas pour un sous. Le filon découvert, il est - et sera -  exploité jusqu'à la moelle et, à force d'utiliser le même canevas, les erreurs et grossièretés transparaissent. Erreur de jugement, sans doute. S'ajoutent à cela une réelle non-originalité thématique et un manque de consistance qui, excusables les premières fois, déçoivent à la longue.

Datant de 1997,  Attentat a le net avantage d'être un de ses premiers romans. Gardant la fraicheur de la jeunesse et touchant celle-là même de par le milieu décrit (à savoir le mannequinat), Amélie fait mouche et l'on se trouve rapidement englué dans la toile du roman. Un thème universel dans un contexte actuel, un rythme narratif sûr, quelques questionnements vaguement philosophiques et deux ou trois mots compliqués (mais juste ce qu'il faut pour ne pas perdre le lecteur), voilà un choix sans erreur  pour toucher une très large partie du public. En plein dans le mille. 

La question de la monstruosité, obsession de Victor Hugo, est ici remise à l'honneur à travers les carcans de beauté contemporains et l'ascension vertigineuse du paraître, bichon frisé des magazine à sensation.  C'est osé, c'est grotesque et c'est fortement risible dans le monde qui est le nôtre. C'est vrai que l'amour platonique qui en découle est mièvre mais n'oublions pas qu'Amélie ne cherche pas à innover. Après tout, Roxane ou Esmeralda étaient-elles des lumières? Probablement pas. Belles et généreuses, c'est suffisant. L'important, c'est le protagoniste dans toute son étrangeté. Car la supériorité intellectuelle ne rend pas insensible ou moins insensé face aux sentiments. 

Pourquoi? Comment justifier nos sentiments? Comment expliquer notre manque de rationalité face à ceux-ci? Si l'auteur ne répond pas plus à ces questions universelles que ses prédécesseurs, elle offre au lecteur une énième histoire tragique à vivre au fil des pages en guise de catharsis... Cette purge a dès lors le mérite d'estomper très habilement les imperfections incontestables du roman. Une brillante idée... Chapeau!*

Pour en revenir à l'auteur, elle n'est certes pas de ceux à lire absolument. Toutefois, à l'heure où la lecture est un luxe, Amélie Nothomb a l'avantage non négligeable de la rapidité de lecture et de l'appréhension globale aisée (et il va de soi que ça paie!). Ainsi, si vous n'avez pas le temps de vous plonger dans des classiques aux 800 pages et plus si affinités ou simplement lorsque vous avez envie d'une lecture rapide et pas trop compliquée - mais qui ne finit pas bien (pour changer du Marc Lévy et consorts) -, il se peut que vous trouviez bonheur ou satisfaction parmi ses oeuvres. Il reste toutefois déconseillé de lire ses ouvrages en chaine. Le risque encouru? Une allergie aux couvre-chefs.

* Où ça un mauvais jeu de mots?

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Vous pouvez disposer!


De temps en temps une femme est un substitut convenable à la masturbation . Mais bien sûr, il faut beaucoup d'imagination.

Karl Krauss


Et  vice versa.

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28/05 - Jukebox - Atelier 210



OUI tu utilises encore Clearasil tous les jours
NON tu n'as pas échangé ton walkman contre un ipod
OUI t'as le look coco
NON André Agassi n'a jamais été surclassé

Pour tout cela, on te traite de ringard(e) mais en réalité tu es un(e) esthète. Et nous l'avons compris ! 
Le samedi 28 mai réveille la Blondie qui sommeille en toi, et sois notre Partenaire Particulier pour une soirée d'anthologie ! La formule a fait ses preuves : 2 DJs à votre service pour recevoir vos requests et soigner un mix à la hauteur des vos tubes préférés. Vous êtes mis au défi de les coller !"

NON (mais je n'ai jamais utilisé Clearasil), OUI, NON (je suis Coco!), NON (Agassi surclaquoi?). Mon désir de me trémousser sur autre chose que le r'n'b du moment et mon amour pour les vieux tubes ne peuvent décemment pas résister à une proposition aussi... indécente!

Plus d'infos ici

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Nema.. LENTO CANTABILE SEMPLICE


Du 17 au 25/05/2011 au Grand Varia.

de Koffi Kwahulé.

Co-mise en scène: Laura Angiulli ; Robin Frédéric; Layla Nabulsi.

Avec: Alessandra D’Elia, David Erudel, Cécile Fontaine, Cécilia Kankonda, Jolanda Piazza, Alexandre Trocki.

Marie est la mère de Benjamin, l’époux d’Idalie, une femme en pleine ascension sociale, ce qui ne plaît pas à Marie. Elle préfèrerait voir son fils plus ambitieux, moins amoureux, moins soumis à sa femme ; elle préfèrerait même le voir marié à une autre qui serait plus domestique ou servile. Idalie a à son service, Taos, une célibataire, secrétaire experte en petites annonces à qui Benjamin offrirait bien des fleurs s’il n’en offrait déjà à sa femme ; des fleurs qu’il achète chez Nicolas, le mari de Nema qu’Idalie vient d’engager comme domestique. Nema … le visage marqué, murée dans ses silences. Les six personnages forment comme une famille, tous liés, presque aliénés les uns aux autres, tous en proie à des fantasmes, tous rêvant d’un bonheur qu’aucun bouquet, aucune fleur ne peut apporter.

Et Nema …? Et Nema est depuis longtemps déjà au-delà ou ailleurs. Au-delà des violences, par-delà les souffrances, elle vogue lentement comme une chanson simple … Lento Cantabile Semplice.

Une histoire de violence conjugale, un questionnement sur les moeurs européennes. La violence est-elle une question de culture? Ou peut-être une question d'éducation? Est-ce une maladie? Et puis... Où commence réellement la violence? Lorsqu'elle n'est que verbale, peut-on déjà la considérer comme destructrice et malsaine? Aussi grave que lorsqu'on porte des coups... bien que moins visible et plus subtile?

Une pièce plurielle, multipliant les cultures pour mieux embrasser le monde entier, dans sa conformité. Six personnes, trois nationalités. Quand l'Italie et l'Île de la Réunion rencontrent la Belgique dans un théâtre Bruxellois, voilà Nema... Lento Cantabile Semplice.


Une pièce aux hommes violents, chacun à leur manière, chacun pour leurs raisons... L'homme, toujours l'homme, qui avilit la femme, l'humilie, ne supporte pas son ascension sociale, désire secrètement une femme docile, servile, toute à lui. Voilà Nema, meurtrie dès son enfance, qui répète le même schéma dans sa vie maritale tel un cercle vicieux dont elle ne peut vraisemblablement pas sortir. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, Idalie, fière et ambitieuse, n'est pas pour autant à l'abri... car il ne faut parfois pas grand chose pour que ça dérape...

Une pièce troublante car remplie autant d'amour que de haine, construction et destruction continuelles, mais surtout une mise en scène fantastique: un décor simple et frappant, un jeu de couleurs lumineux et déchirant et des acteurs tout bonnement superbes: clairs, audibles, déterminés, déchaînés, sans failles. Et un petit plus: le sous-titrage en néerlandais...



Si le pourquoi est plus ou moins évoqué, il ne laisse pas moins le spectateur avec une kyrielle de questions flottant dans son cervelet, de manière effroyable. Car ici, on ne juge pas, on n'enseigne pas, on montre, tout simplement. La réalité, une réalité, dans toute sa complexité et ses chemins qui se recoupent et tissent leur toile, inextricable, jusqu'à la mort.

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25/05 - The Beaver


"Tourmenté par ses propres démons, Walter Black est un célèbre homme d’affaire dans l’industrie des jouets, un père de famille attentionné lorsqu’il est touché par la dépression. Il n’arrive pas à se remettre dans les rails, jusqu’au jour où il croise la route d’une marionnette..."

A chacun sa psychothérapie, n'est-ce pas? 
Après avoir assisté à des pièces de théâtre se jouant de l'altérité de l'être à partir de marionnettes, pourquoi ne pas aller voir Mel Gibson faire le ventriloque?

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Life Shot




"Les photographes du studio Life Shot ont une vision et un style qui leur sont propres, mais tous ont en commun qu’ils sont passionnés par leur métier. Une session de shooting photo dure environ deux heures avec une maquilleuse et une coiffeuse professionnelles qui seront mises à sa disposition! En attendant votre future séance photo, préparez vos poses et... souriez!"

Un petit studio agréable et des personnes agréables, souriantes et très ouvertes vous accueillent chez Life Shot. Aussi parce qu'ils sont talentueux, pleins d'idées et originaux, nous ne pouvions passer à côté.  Mais ce n'est pas tout: totalement à votre disposition, chaleureux, ils vous aident à choisir vos tenues tout en vous laissant une liberté totale. Et enfin, cerise sur le gateau, ils tentent envers et contre tout de vous mettre à l'aise et de vous offrir l'hospitalité comme si vous étiez amis de longue date.

Voici une photo prise par Mélissa Cucci. Simple et très suggestive, la photo semble mystérieuse, gardant l'anonymat du modèle tout en offrant à la vue de tous des membres très expressifs: des mains fines et menues contrastant avec le pan de jambe offert en pâture à l'objectif. Un morceau de tissu et de chaussure nous révèle une non-nudité certaine mais que dire d'autre? Un déguisement peu commun que le paravent qui pose, lui aussi, en nous narguant avec cette question universelle: à quel point faut-il connaître quelqu'un pour le reconnaître à partir d'une partie de ses membres? 


D'ailleurs, pens(i)ez-vous (re)connaître ce modèle? 


Dans un monde de plus en plus complexe et inextricable, il existe encore des jeunes qui tentent de vivre leur rêve et de faire leur métier remplis d'enthousiasme, malgré les embuches qui traînent sur le chemin. Et un tel courage n'est jamais à négliger.

Donc, roulez jeunesse et faites en sorte d'aller loin!

Et si vous avez envie de faire un shooting, cliquez ici et dépêchez-vous, avant juin vous pourrez  probablement bénéficier d'un promotion... !

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Trois vieilles



Du 17 au 28/05/2011 à la Balsamine

de Alejandro Jodorowsky

Mise en scène: Jean-Michel d’Hoop

Avec: Cyril Briant, Sébastien Chollet, Pierre Jacqmin, Coralie Vanderlinden

"C’est l’histoire de Garga, vieille servante centenaire, et de deux jumelles de 88 ans, Grazia et Meliza, aristocrates déchues et décrépies qui rêvent encore au prince charmant. Elles sont acariâtres et, si l’on en croit leurs dires, toujours vierges. Et elles tentent, de façon grotesque, de sauver les apparences. Farce onirique et décapante avec marionnettes à taille humaine, le spectacle oscille entre fiction et réalité. Un univers poétique, mythique et populaire, baignant dans un climat déjanté et grand-guignolesque."

Quelles vieilles! Au niveau déchéance (physique, mentale, sociale et j'en passe), c'est indéniable, nous sommes très bien servis (burp). Scandaleuses sont ces femmes, plus toutes jeunes en effet, vivant dans une monde illusoire, mélange empoisonné entre vérité refoulée et préservatif... euh... préservation, pardon, des apparences.  

Impossible de se tromper, Trois vieilles est bien la petite soeur de L'école des ventriloques. Alejandro Jodowsky est marqué au fer rouge sur le front de ces trois personnes d'un certain âge (ou d'un âge certain, c'est selon, mais le tout est de rester respectueux, n'est-ce pas?) qui nous offre un ballet macabre et lubrique balançant entre leur éducation de jeunes filles "comme il faut",  leurs expériences traumatisantes et leur désir profond, naturel mais plus que désespéré. Mais au delà de leur psychologie profondément complexe, il y a aussi des considérations bassement matérielles: sans le sous, elles survivent tant bien que mal jusqu'au jour où il n'y a vraiment plus rien à manger... Et si elles ne vendent pas leur âme au diable, à qui alors?

Offrant une double thématique oxymorique à la conclusion propagandiste, Trois vieilles nous incite indubitablement à réfléchir. Et sur pas mal de choses. En outre, la mise en scène est toujours aussi originale et les acteurs tout aussi performants. Toutefois... Un vide, cette fois-ci, non ressenti lors de L'école des ventriloques, nous a curieusement assailli. Un vide, curieusement accompagné d'une sensation de prodigalité et d'exagération, empêchant certains spectateurs de (re)plonger pleinement dans cet univers  déjanté et grand-guignolesque...

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Pénélope Bagieu - Joséphine


"Joséphine a « la trentaine », n’est pas mariée, n’a pas d’enfants, mais elle a un chat. Elle est blonde et menue (du haut en tout cas), et un jour elle se mettra au sport. Elle travaille dans un bureau avec plein de gens qui ne connaissent pas son nom, mais remarquent ses achats compulsifs. Elle se fait harceler par sa gardienne, ses parents ne sont vraiment pas des cadeaux, sa soeur parfaite lui donne des leçons de vie, mais heureusement il y a Rose et Cyril, ses meilleurs amis, toujours solidaires et attentifs à ses malheurs. Finalement, il ne lui manque pas grand-chose, à part peut-être l’homme idéal, pour pouvoir faire des courses pour deux, imaginer des soirées torrides et partir en week-end romantique. En attendant, elle pleure devant des films à l’eau de rose et suit une psychanalyse avec son esthéticienne !"

Des planches tout aussi cyniques, des situations tout aussi cocasses, le premier Joséphine vaut largement le second est ce n'est ni un mérite ni un exploit puisque généralement c'est lorsqu'il s'agit de faire une suite que l'auteur se trouve être en mal d'inspiration, tout juste bon à réchauffer les vieux gags qui avaient fonctionné dans le premier opus. Ainsi, il est probablement plus judicieux (attention, voici une idée à creuser!) d'attaquer directement le dernier tome pour terminer en beauté sur le premier, l'originel, le chef d'oeuvre afin de ne jamais être déçu par les suites mais d'y voir une forme d'évolution régressive. En gros, vous auriez du commencer par Matrix 3, par exemple, le premier aurait alors été l'apothéose, la crème de la crème, la révélation du siècle... et le serait resté! Maintenant, ce n'est plus qu'un bon film aux idées intéressantes. 

Bref, tout ça pour dire qu'il est heureux que le premier tome de Joséphine soit aussi bien saucissonné (et bien quoi, moi aussi j'ai un dictionnaire des synonymes, qu'est-ce que vous croyez?) que le second. Joséphine nous fait rire à travers ses attitudes stéréotypées qui reflètent pourtant le mode de pensée féminin actuel mais le plus remarquable reste le travail soigné de Pénélope Bagieu. Abordant la vie d'une femme sous tous ses aspects - boulot, famille, amis, amour, fric... -, elle a  finement dosé les anecdotes au niveau thématique et a orchestré la présentation et le développement de sa protagoniste avec brio de sorte qu'en moins de temps qu'il ne faut pour le dire la trame décolle et colle à la peau, sans aucun lest pour plomber l'affaire! 


Voilà donc un petit livre qui passe comme une lettre à la poste et dont la lecture est plus rapide encore! 

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Morning Glory


"Bien qu’elle soit jeune, jolie, dynamique et ambitieuse, Becky Fuller est en pleine traversée du désert professionnelle et sentimentale. Aussi, lorsqu’on propose à cette productrice TV de reprendre "Daybreak", la matinale la moins regardée du pays, elle accepte le défi sans hésiter. Pour booster l’audience, elle décide d’engager Mike Pomeroy, le journaliste de légende de la chaîne. Mais le charisme de Mike n'a d'égal que ses caprices de star, et ses relations sont électriques avec Colleen Peck, sa co-présentatrice. Les coups bas hors-plateau s’accompagnent très vite de petites phrases assassines à l’antenne… Dans le même temps, Becky craque pour un producteur de la chaîne, mais sentiments et travail ne font pas toujours bon ménage. Parviendra-t-elle à sortir l’émission de l’impasse et à trouver l’amour ?"

Un synopsis pareil n'augurait rien de bon. Mièvrerie à gogo et poignées de paillettes. Yurk. Pourtant la curiosité, le défi et la fatigue profonde nous poussèrent jusqu'aux portes de la salle et finalement...

Ce n'était pas si mal que ça! Bien sûr que Harisson et Diane y sont largement pour quelque chose mais ce n'est pas tout. Dans son trop-plein de stéréotypes et de prévisibilités, ce film reste frais et plein d'humour. On se prend pas la tête, on pète un coup, on évite d'avoir un voisin trop bruyant et, au final, on rigole bien. Pourquoi? Parce que les acteurs sont bons, que les répliques sont bien placées, que l'humour et une sorte d'auto-dérision sont de mise et qu'il n'y a vraiment mais vraiment pas de quoi se masturber intellectuellement (ou, si on veut vraiment se creuser le ciboulot pour six boulettes, "Divertissement vs Informations: Cloisonnement obligatoire?", mais ce n'est vraisemblablement pas le but du film, dieux en tout genre, merci).

Bref! On s'attendait à un film du genre daube sans nom et on tombe sur une petite comédie de type daube américaine de classe A. Que demande le peuple?

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Audrey Kawasaki - Two sisters


Audrey Kawasaki est une jeune - 26 ans et, espérons-le, toutes ses dents - américaine - mais originaire du Japon - de plus en plus , renommée. Pourquoi? C'est une artiste. Mais son art est aussi complexe que prodigieux car elle travaille essentiellement sur bois. Oui, oui, vous avez bien lu, cette peinture est belle et bien faite sur bois! 

Cette artiste nous offre donc un subtil mélange culturel à travers des oeuvres très féminines et sensuelles. Des minois typés mangas adoucis par un tendance rétro rappelant furieusement la période Art Nouveau. Tendance rétro que nous ne pouvons nous garder de rapprocher de notre cher et célèbre Mucha (que nous avions déjà vu ici-même).

Ce tableau au nom suffisamment évocateur de Two sisters nous offre une preuve de son talent incontestable: un trait sûr, des proportions respectables, un souci du détail inouï mais surtout une colorisation et un travail des tons splendides. La symétrie rompue parachève ce tableau harmonieux, équilibré, presque irréel... (Pour peu, nous serions tenté de le qualifier de "parfait"!)

Mais ce n'est pas tout. Two sisters respire la douceur... bien qu'il soit émotionnellement très chargé. Nous pouvons aisément ressentir toute la mélancolie, l'amour, la rivalité, les doutes qui s'en dégagent à travers le regard de cette jeune femme qui semble nous supplier, terriblement lasse, de lui offrir de nouveaux horizons. De lui permettre de quitter ce morceau de bois dans lequel elle est ancrée, bien malgré elle, de lui offrir une vie propre, un passé et un avenir... Ou, tout au moins, de la laisser vivre dans notre imagination. 

Et face à cette virtuose supplication, que pouvons-nous faire... sinon obtempérer? 

Plus d'oeuvres ici.

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Source Code


"Le soldat Colter Stevens se réveille dans le corps d'un inconnu, il est dans un train en direction de Chicago, un train qui est sur le point d'exploser. Il fait partie d'une expérience gouvernementale du nom de "Source Code". Un programme qui permet de lui faire revivre les derniers instants d'une autre personne. Comme une journée sans fin, il revit sans cesse l'attentat qui vise le convoi. Sa mission : trouver des indices et découvrir durant les 8 minutes dont il dispose, qui a placé la bombe."

Sans conteste, Source Code est un film où la science-fiction s'efforce de tenir la route. On nous embrouille un peu avec des termes "savants" et des explications rapides de physique quantique et de "calculus" à la mords-moi le noeud - il faut bien ça pour qu'on ne se pose pas trop de questions mais que ça nous semble tout de même un tantinet tangible - mais ça va. Ils restent cohérents, ils n'exagèrent pas. L'homme n'est ni devenu omniscient ni omnipotent et encore moins omnivore (... Je m'égare? Ah, bon! Au temps pour moi!). 

En prime, on a des acteurs charmants interprétant des personnages à la complexité humaine tout à fait satisfaisante (sauf le gros méchant sans coeur qui dirige les opérations mais il faut toujours qu'il y ait un Coeur de Pierre - même quand il a un nom à coucher dehors - dans les films) et des effets visuels qui, sans en faire trop, nous transportent très aisément dans ce monde où les aiguilles comptent plus que tout autre chose et aux impacts... fréquents. 

Toutefois, l'opiniâtre cohésion du film s'effrite rapidement. Dès le départ, qui plus est, et ce, au nom du suspense. Le jeune Colter est un soldat, il se doit de faire face, d'être rapide et d'avoir beaucoup de sang-froid. Mais lorsqu'il cherche à se situer et à comprendre le pourquoi du comment, les réponses lui sont interdites pour, soi-disant, ne pas parasiter sa mission. Allons donc! Savoir la vérité (même lorsqu'elle est affreusement atroce) est bien moins perturbant que de rester dans le doute et l'ignorance totale! Résultat? Il court après son identité au lieu de courir après le poseur de bombe... Total waste of time!

Bon. Ceci n'est qu'un détail sans importance et puis l'erreur, tout comme la curiosité, est humaine, même dans les films. Nous serions donc passé à côté de ce très léger non-sens si la fin, toujours cette satanée fin, n'était pas la preuve ultime d'un manque de consistance et d'une couardise scénographique sans nom...

Très sérieusement, à quoi ça rime de crier sur tous les toits que A+B = C si, durant les cinq dernières minutes, on nous apprend qu'en fait A+B = C+D? Tout ça pour offrir au public, apparemment toujours traumatisé par la mort titanesque de Jack Dawson, une fin 100% Happy End mais totalement injustifiée* alors qu'au moins deux autres options plus cartésiennes s'offraient à eux?

Dans ce cas-là, je n'ai plus qu'une seule chose à dire: "Mouais".

* Je mens, c'est vrai, la justification était celle-ci : "c'était expérimental et donc relativement imprévisible.  Au final, ça marche mieux que prévu. Pourquoi? On ne sait pas mais c'est pas grave puisque tout est bien qui finit bien!". 

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The Company Men


"Bobby Walker est l’incarnation même du rêve américain : il a un très bon job, une merveilleuse famille, et une Porsche toute neuve dans son garage. Mais lorsque la société qui l’emploie réduit ses effectifs, Bobby se retrouve au chômage, tout comme ses collègues Phil Woodward et Gene McClary. Les trois hommes sont alors confrontés à une profonde remise en cause de leur vie d’hommes, de maris et de pères de famille. Bien loin de ses talents de cadre supérieur, Bobby se retrouve obligé d’accepter un emploi dans le bâtiment pour le compte de son beau-frère. Cette expérience va le pousser à découvrir qu’il y a peut-être plus important dans l’existence que de courir après la réussite..."

Une bande-annonce qui fait espérer des jours meilleurs au cinéma américain nous promettait un film d'actualité (pour changer des films historiques) aux remises en question sociales et économiques franches et tranchées et à l'humour sympathique mais surtout une belle mise en exergue de la valeur intrinsèque de l'être humain. C'était beau, c'était émouvant, c'était vrai... et à contre-courant.
The Company Men nous offre sur un plateau d'argent une très bonne brochette d'acteurs accompagnée d'un scénario correct et saupoudrée d'échanges un peu fades et d'humour presque évanescent (mais on peut toujours s'en arranger si on a nos propres épices mentales). Seulement, faire miroiter un produit engagé quand on effleure à peine le sujet essentiel de peur de froisser les zygomatiques des grands pontes du cinéma, c'est ce qu'on appelle avoir légèrement les couilles molles, il me semble. Mais faire trop de vagues n'est jamais bon si on veut avoir des subsides et continuer à faire des films divertissants pour gagner un maximum de pognon...

Malheureusement, le film n'introduit rien de neuf. Une stigmatisation du système économique et professionnel au manichéisme amer sans aucune prise de position formelle transformant les personnages en ombres fantomatiques au psychisme terne et palot.  De fait
, les trois protagonistes nous sont presqu'aussi étrangers au sortir de la salle qu'au départ. Dans cette course effrénée à l'emploi, nous n'avons pas le temps d'échanger deux-trois mots ou de tailler une bavette sur le temps qu'il fera demain. Aucune clef ne nous est donnée. Nous ne pouvons que les observer de loin en "narrateur" externe, qui ne sait rien, ne peut rien, attend tout simplement et cherche vainement à tirer de leçons de leurs erreurs et leurs soucis.    

Au final, une peur abyssale vient hanter tous les étudiants, employés et détenteurs d'un diplôme qui se retrouvent confortés (ou confrontés, pour ceux qui avaient mis leur cerveau en stand-by) dans l'idée que nous sommes tous sur le même bateau et nullement à l'abri d'une perte d'emploi sans préavis 
(ou presque) ainsi que d'une réinsertion plus que laborieuse où l'on n'est qu'une bête de plus parmi le troupeau, ni plus... ni moins. On nous réexplique platement que la crise était inévitable mais que ce n'est pas parce que les richissimes patrons d'entreprise l'ont annoncée qu'ils allaient la pallier en minimisant leurs dépenses et leurs revenus. Parce que c'est leur point commun à tous ces hommes à millions: ils ne pensent qu'à leur gueule et considèrent la santé de leur société comme plus importante que celle de leurs employés.  C'est un fait, il faut s'en accommoder. Vous n'aviez qu'à naître patron, après tout. 

Pour ceux qui ne s'étaient pas encore rendu compte de cet état de fait, le film sera peut-être utile. Pour les autres, The Company Men n'apportera rien ou si peu: un large plaisir visuel, certes, et surtout une conclusion pauvre et biaisée à savoir que les seules options qui s'offriront à eux quand le temps sera venu seront la reconversion (et se faire à l'idée qu'eux aussi vont peut-être travailler dans le bâtiment parce que les demandes de résidences secondaires à Las Vegas, St Tropez et compagnie, il y en aura toujours), le suicide ou la création d'une niche (mais bon, ce n'est pas donné à tout le monde hein, il faut d'abord pouvoir se payer des petits déjeuners à 500 $!). That's all.

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Après la fin


Du 10 au 21/05/2011 à l’Atelier 210

de Dennis Kelly

mise en scène: Georges Lini

avec France Bastoen, Vincent Lecuyer

"Louise se réveille enfermée dans un abri antiatomique avec Mark, un collègue de travail. Ils étaient dans un bar lorsqu’une attaque nucléaire est survenue. Toujours prêt au pire, Mark avait pourvu au nécessaire : des boîtes de chili, du riz, un jeu de Donjons&Dragons. Mais à quatre pieds sous terre, les masques s’effritent, et le fard de la vie en société semble bien loin lorsque la faim s’invite…"

On pouvait s'y attendre. A vrai dire, on l'avait vu venir mais il n'empêche. On n'voulait pas. On s'disait que... Après la fin? Une bonne claque dans ta gueule, comme dirait le père un peu éméché à son enfant qui l’aurait passablement énervé.

La mort, omniprésente, rode, sournoise comme une voleuse et ces deux êtres, ces collègues de travail, ces personnes qui semblent diamétralement opposées mais aux réactions curieusement semblables et aux préoccupations bassement humaines, se déchirent sur des notions abstraites, sur les goûts et les couleurs à travers le schéma vicié dominant-dominé qui tourne et s’inverse sempiternellement.

Un huis clos dans toute son horreur psychologique, dans toute sa complexité. Un dialogue qui touche au plus profond de soi, qui donne envie de pleurer, de crier, d’insulter, de pousser de longs soupirs, de rejoindre les acteurs sur la scène et de les raisonner, de les prendre dans nos bras, parce qu’on est désolé pour eux et qu’on aimerait sérieusement les aider.

Après la fin ? Une pièce qui ne laisse certainement pas de marbre. Parce que le texte et son interprétation sont étourdissants et qu’une mise en scène signée Georges Lini ne peut nuire à cette grandiose rencontre, que du contraire ! Son style épuré et grandement symbolique sublime la mise à nu des deux personnages, transcende le décor classique, obsolète et superflu et laisse au spectateur et à son imagination la liberté de faire le reste.

Mais, à la fin, qui peut empêcher son cerveau d’entamer une réflexion sur les relations humaines qu’il entretient, de la vacuité de certaines discussions, de la nécessité de faire des compromis, d’accepter les gens comme ils sont, sereinement et d’exploiter au maximum les concepts de la communication non violente? Ou, autrement dit, tout ce que nous ne faisons jamais, éternels Guignol et Gnafron… Mais en chair et en os.

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25/05 - The Hangover Part 2.


"Phil, Stu, Alan et Doug s'offrent un voyage exotique en Thaïlande, à l'occasion du mariage de Stu. Après l'inoubliable soirée d'enterrement de sa vie de garçon à Las Vegas, Stu ne veut rien laisser au hasard et opte pour un brunch léger, sans risque, avant la cérémonie. Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Ce qui s'est passé à Las Vegas est imaginable à Las Vegas, mais ce qui se passe à Bangkok dépasse l'imagination..."

Franchement, j'ai peur. Les suites, je ne les sens jamais. Surtout quand elles sont décidées sur base du succès de leur prédécesseur. The Hangover était une bombe et, malgré les bonnes critiques que j'ai pu entendre, le trailer annonce une simple adaptation de ses bons gags... Espérons donc qu'il y ait quelques innovations tout de même.  Et puis, let's see it!

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Adele - Someone like you



Que dire d'Adele qui a fêté ses 23 ans il y a peu? Cette jeune femme a apparemment commencé à chanter à quatre ans, écrit sa première chanson, Hometown Glory, à 16 ans et sorti son premier album, 19, à tout juste 20 printemps. 

Que dire sinon que le souffle coupé nous restons devant tant de coffre, de professionnalisme et de justesse, même en live. Que dire à part que peu importe sa vie privée, son poids, sa taille et la  hauteur de ses talons, qu'elle pourrait être un pou, ça ne changerait strictement rien à son succès. Car voilà une chanteuse, une vraie, qui crée tout doucement sa niche et qui a compris que le temps n'est plus aux grosses productions qui en jettent mais à un retour aux sources, tout simplement. Parce que quand elle prend le micro, elle semble poser son coeur sur la table. 

Que dire à Adele qui nous offre cette superbe chanson se trouvant sur son deuxième album, 21, sorti en 2010, au même titre que la plus pétillante Rolling in the Deep? Eh bien peut-être tout simplement 'Happy Birthday Adele'.

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Jean-Marie Piemme - Spoutnik



"Une fois que j’aurai disparu, qui peut attester que ceux-là sur la photo sont mes parents ? Personne. Personne qui le sache de première main. Qui regardera cette photo pourra dire ce qu’il voit et pas davantage : une femme, un homme, deux personnes autour de la quarantaine, des inconnus dans un jardin, à qui on peut prêter le destin qu’on veut. Deux êtres vous fixent. Qui sont-ils ? On ne sait pas. Et dans le silence de la photo vous laissez filer votre désir."


2008, la maison d'édition Aden décide de se lancer dans le roman. Grand tournant pour cette maison d'édition de huit ans à peine à vocation politico-sociale qui, jusque là, publiait principalement documents, essais, témoignages etc. Une nouvelle collection, Rivière de cassis,  et deux romans: Les entrailles du soleil de Nicolas Florence et Spoutnik de Jean-Marie Piemme.


Spoutnik ne vous emmène pas sur la lune, loin s'en faut. On se contente de rester en Belgique, principalement à Seraing, dans la Wallonie profonde de la deuxième moitié du 20ème siècle. Si vous vous attendiez à une fiction palpitante et rebondissante, vous n'y êtes pas du tout. Jean-Marie nous livre sa vie, tout simplement.


Simplement? Non. Suivre un modèle chronologique n'aurait pas été digne du dramaturge; narrer sa jeunesse, fidèlement, sans incartades, exagérations ou digressions n'aurait pas été suffisamment amusant. C'est pourquoi nous nous retrouvons plongés dans un livre divisé en chapitres aux noms parfois incongrus tels que "Cerises et cochons", "Culottes courtes" ou "Pourquoi marcher lentement?" dans lequel il nous raconte anecdotes et souvenirs marquants de son enfance à sa vie de jeune adulte.  Passant d'un événement à un autre, sans crier gare, Piemme use du ton frais et mutin de la jeunesse à l'imagination débordante, contrebalancée d'une sacrée dose de pragmatisme et de cynisme rétrospectif, le tout teinté d'un respect profond envers ses origines.


Ainsi, la lecture de Spoutnik n'est pas une recherche du satellite dans la nuit étoilée. Spoutnik, c'est un regard vers le bas, vers les racines profondes de la Belgique et de ces familles du siècle passé. Des us, des coutumes, de la vie de l'époque... si différentes! Déjà tellement désuètes dans ce début de siècle nouveau...


Et parce que pour certains c'était la réalité et que pour les autres ce n'est pas si lointain, Spoutnik n'offre pas qu'une histoire, il offre aussi un pan de l'Histoire, notre histoire. 

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Un fil à la patte



Du 10/05 au 25/06/2011 au Théâtre Le Public

de Feydeau

Mise en scène: Michel Kacenelenbogen

Avec Muriel Cocquet, Christelle Cornil, Isabelle Defossé, Beatrix Férauge, Thierry Janssen, Sandrine Laroche, Olivier Massart, Fred Nyssen, Guy Pion, Réal Siellez, François Sikivie, …

Fernand de Bois d'Enghien est venu déjeuner chez sa maîtresse, la chanteuse Lucette Gautier, avec la ferme intention de rompre: Il va en effet se marier avec une autre... Mais l'annonce de son mariage est déjà passée dans le Figaro: il doit à tout prix en empêcher la lecture à tous les amis réunis chez Lucette ! L'histoire se complique quand la mère de sa fiancée débarque et engage Lucette à venir chanter chez elle...pour les fiançailles de Fernand avec sa fille ! Vous voyez le genre ?... Pauvre Fernand, couard, menteur, hypocrite, superficiel, mais tellement charmant, qui se retrouve cul par-dessus tête, complètement dépassé par les évènements, les femmes, les importuns...

On nous avait mis la puce à l'oreille mais un fâcheux imprévu avait retardé nos retrouvailles. Cette fois-ci nous avons pris les devants en assistant à l'avant-première (et bien oui, on est comme ça, nous)! 

Mettre en scène Feydeau est une tâche au moins aussi simple que complexe. Monter Feydeau n'est d'ailleurs pas nécessaire pour l'apprécier. Et encore moins pour en rire à gorge déployée. Le texte lui-même se suffit. A sa lecture, le génie Georgien dans toute sa splendeur, dans toute sa puissance, a tôt fait de nous emporter dans un monde tellement lointain - quoiqu'en même temps si proche - et pourtant si semblable au nôtre tout en restant follement désuet. C'est frais, c'est drôle, c'est touchant, c'est alambiqué mais c'est si bête, finalement. Ainsi, le texte seul est un chef-d'oeuvre. Voilà ce qui rend probablement la tâche du metteur en scène risiblement aisée et probablement tout aussi épineuse... Pas question d'être en deçà! Un défi de taille, en somme...

Au sortir du Public, il nous semble que nous pouvons remercier chaleureusement Michel Kacenelenbogen et ses acteurs qui ont donné (une nouvelle fois) vie à cette pièce déjà bondissante de sève avec brio. Car la réussite de la pièce provient certainement de ce subtil mélange: un auteur de génie, des comédiens professionnels sachant offrir à leur public un personnage entier à la diction - presque - parfaite et rattrapant leurs cafouillages sans rougir et un metteur en scène passionné, original et au goût sûr. De quoi définitivement donner le tournis si vous n'êtes pas déjà nauséeux face au décor peu commun qui nous est offert.

Je ne vous dis rien de plus, de peur de vous gâcher le plaisir, mais vous exhorte à ne pas rater cette pièce aux légers airs de comédie musicale, car le temps, guilleret et chaleureux, s'y prête bien. Idéal pour chantonner en profitant d'une légère brise, n'est-il pas? 

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